samedi 12 novembre 2011 - semaine et situations

je ne me souviens plus exactement de la semaine. et puis comme je veux raconter que les évènements que je veux raconter, ça m’arrange. il faut que je garde des choses pour moi. donc le lundi soir et la journée de mardi, on passe. c’est intime, voyons. juste, j’ai pas passé la nuit chez moi, j’étais à Nice, grosse gueule de bois tout le long de la journée, il pleuvait. en fin d’après midi, je suis allé me faire raser la tête. j’en avais marre de mes cheveux, j’ai dit à la belle coiffeuse que j’en voulais plus. j’suis rentré en train chez moi, le contrôleur était bourré. ça s’entendait lors des annonces dans le micro. il avait du prendre l’apéro en avance. il faisait déjà nuit, donc circonstance atténuante. le trajet prend un tout petit peu de retard et ma gueule de bois est toujours présente. j’arrive à Cannes et j’remonte chez moi. sur le chemin je croise des arbres étalés par terre, des pots de fleurs en forme de puzzle pas fini. des panneaux allongés sur le sol qui indiquaient qu’aller en
direction du mur était un sens interdit. mais comme je suis dans ma bulle ça ne me fait rien. j’ai juste un peu flippé de me prendre un truc sur la tête et de crever comme un con à cause des géraniums d’une vieille. j’ai accéléré le pas. je suis arrivé chez moi en vie.

sauf si défaut de mémoire, rien de spécial jusqu’à jeudi. j’m’étais levé en retard. j’avais déjà raté le premier cours. j’descends à la gare aussi en retard, je rate le train, je chope le suivant. direction Nice. l’ami d’Aix-en-provence me passe un coup de fil, me propose de venir chez lui ce soir. ça m’tente. j’arrive à la fac en retard de 20min. à la fin du cours, un camarade me ramène jusqu’à Cagnes-sur-mer, à la gare. je reprends le train. direction Cannes. j’m’assoie en face de deux connasses de pucelles. portable en main. chewing-gum. elles se textotent entre elles, alors qu’elles sont à côté. t’as reçu ? la black demande à la blondasse. nan, pas encore. ça pouffe de rire. j’me fous de la musique dans les oreilles. un pote m’appelle, il va en voiture chez l’ami d’Aix, ce soir. il me propose de m’amener aussi. le train arrive, j’remonte en vitesse chez moi faire des affaires de survie, j’mange un morceau et c’est l’heure d’y aller. même pas le temps de chier. j’prends des bières pour le trajet, et du pastis. l’accès à l’autoroute est assez bouché, à mi chemin, plus de bière. mais on débarque assez vite à Aix. en arrivant, sur la table, 7 bouteilles d’un litre de liquide vaisselle, et une grosse bouteille de pastis. on descend les pastis, on bouffe (histoire d’avoir quelque chose à vomir), et on re s’enquille des pastis. un moment qu’ils jouaient à la console, la manette marchait plus. on l’a donc défenestrée. le saut du 3eme étage lui a remis les idées en place parce que quand on est allé la repêcher, elle refonctionnait à merveille. vers je sais plus quelle heure, vers 10-12 pastis, on descend dans la rue. un mec de la quarantaine, costard, chaussures en cuir, cheveux noirs plaqués en arrière, style italien, nous aborde. il a une canette de bière à la main, il veut de la thune et nous demande si on veut taper de la c. il se fait sa trace de lessive devant nous sur le rebord d’une vitrine d’une boutique pour enfant. on file vers les bars.

on arrive devant un bar que je ne vais pas nommer. le videur nous dit que c’est blindé à l’intérieur, mais vraiment. qu’on risque d’attendre avant d’être servi. on décide d’y aller quand même. il s’est pas foutu de notre gueule, y avait plus de place pour marcher, pour respirer. pourtant le bar était grand, y avait un grand sous-sol, tout en pierre. on s’organise. fallait être méthodique. l’un de nous va chercher le carburant au bar et les deux qui restent remontent se choper un endroit pour poser et lever les coudes. pendant qu’on attendait pour faire le plein, on a pu regarder la clientèle. effarant. avec l’alcool qui montait, j’ai cru c’était un film. une bonne blague, le truc. on était dans un bar rock avec des mecs de 17-18ans, tous habillés en noir. le bouc bien entretenu, queue de cheval, des chemises noires trop grandes, avec des tee shirts tribal dessous. ils sont ultra mal à l’aise. et sirotent des monacos. ils étaient TOUS comme ça. des mecs se distinguaient, on voyait peut-être un chapeau genre MJ par-ci, un bracelet à piques par-là, un tee-shirt d’un groupe de metal légendaire (le seul qu’il devait écouter). les rockeurs et metaleux étaient très civilisés. certains buvait des sodas. ça parle pas fort. non, en fait, ça parle pas. ils étaient là, c’est tout. putain non, en fait, ils étaient même pas là. des fantômes, les mecs. pour ce qui est des filles, c’était le défilé du carnaval. que des pucelles en chaleur qui gloussaient. ça riait à gorge déployée à des rares blagues - de niveau zéro - des mecs ridicules. ça fait quelques minutes qu’on attend pour boire, il fait super chaud, et la soif devient douloureuse. mon pote va se griller une clope dans la salle fumeur. je le suis. on voyait rien dans la salle. les mecs s’allument des sans s qu’ils se partagent pour pas avoir la tête qui tourne trop. d’autres s’allument des slims. tout ça, toujours dans une ambiance de carnaval. mon pote termine sa clope, on ressort de la salle, et les pintes arrivent. ce fut une affaire de quelques secondes. nos bières n’ont pas fait de vieux os. on rode autour du billard. un des mecs a sa propre queue. doit y avoir du niveau. en trois coups, on se rend compte que non. la partie s’éternise, et nous on a soif, mais on veut prendre le relai. les mecs mettent cent ans pour viser, pour au final rien toucher, ou rentrer la blanche. ils insultent le billard, ça devait être de sa faute. mes potes s’allument des clopes, et une serveuse mal baisée - enfin, pas baisée du tout vu sa gueule et son cul - leur aboie que c’est interdit de fumer. j’prends la défense de mes criminels de potes, en disant qu’ils savaient pas et que moi non plus donc j’ai pas pu les empêcher. elle aboie de nouveau des choses incompréhensibles en partant accompagnée de son énorme cul. c’est enfin notre tour de jouer et on est bourré. on joue à trois. je sais jamais dans quel équipe je suis. je soupçonnais mes adversaires de potes de pas savoir non plus. je vise un peu les rouges, un peu les jaunes. quand je rate, je suis la tradition et j’insulte le billard. et j’refous du truc bleu sur le bout de la queue, c’était surement à cause de ça. on fait un peu n’importe quoi sous les yeux de la foule de rockeurs choqués. on commence à vraiment s’enflammer et un mec et sa meuf viennent nous voir. vous avez pas des acides pour nous aussi, qu’il demande. on répond même pas. l’un de nous commence à jouer avec le pantalon au cheville. il rate un coup, ça lui en fout un. à défaut de taper de son poing la table, c’est avec ses parties qu’il le fait. le videur aperçoit ça au loin. il l’empoigne et lui dit de sortir. il répond, quoi on a pas le droit de faire ça ?! on a pas pu finir notre partie, c’est vraiment pas fairplay. mais j’suis sur qu’on aurait gagné tous les 3. on se retrouve à la rue à insulter les salopes en mini jupe. l’ami trouve un gros bureau en bois dans les poubelles, il le soulève et le balance du haut d’une rue. ça explose en mille morceaux en bas, c’était beau. ça a fait un énorme bruit. y avait des centaines de personnes autour, et une voiture de flic. il se barre en courant et on le perd. on se retrouve devant un autre bar. un mec vient nous voir pour nous proposer des ecstas parce qu’on a la gueule de l’emploi qu’il nous fait. on dit qu’on est plein. on se chope une part de pizza et on rentre finir le fond de pastis qu’il reste à la maison. puis les bars allaient fermer. on se fait une demi douzaine de verres. les sérieuses conneries commencent.

c’est là qu’on va faire le lien avec le liquide vaisselle. on jauge la puissance du jet par la fenêtre. pas mal. je sais plus trop l’ordre des choses, parce que je commençais à être vraiment déconnecté. on descend de l’appart’, armés des bouteilles de liquide vaisselle. on les vide dans la fontaine. ça mousse, ça sent le citron, c’est trop beau. mais on est pas comblé, on remonte choper de la lessive, et les autres produits ménagers. on a tout foutu dedans, ça moussait bien. mais toujours pas assez pour nous, on voulait remplir la ville entière. alors on a relevé les manches. y en a un qui va chercher le balai pour remuer. il a fait monter l’eau de la fontaine en neige. l’un se fout quasi a poil et saute à pieds joints dans la fontaine. l’autre court et glisse à moitié dedans. jean et chaussures trempés. moi je chope un manche à balai, je mets le casque d’un des persos de star wars, et je remue la marmite. les gens passent, je leur hurle que la soupe est bientôt prête. ils nous regardent, et s’en vont. encore un mec se ramène et nous demande si lui aussi il peut avoir des acides. juste un carton, pour lui et sa meuf. les gens sont imbibés d’hypothèses. on a foutu un panneau stationnement interdit dans la fontaine. une voiture s’est faite attaquée par de la mayonnaise et des poubelles. là, ça devient vraiment flou. je me souviens avoir essayé de vomir par la fenêtre du troisième étage pour déconner. mais j’arrivais pas, j’rigolais trop. après c’est trou noir.

je me réveille dans le grand lit, mon pote à côté qui ronfle, moi tout habillé, ultra gros mal de crane. je me lève boire un coup, j’ouvre la fenêtre. la grosse lumière me fout un coup mais je respire. j’réveille mon pote, il est midi. c’est le bordel dans l’appartement. du verre cassé, du liquide vaisselle partout. mal au bide. la grosse faim, on va se choper une pizza parce qu’on a plus rien à bouffer, et y a la vaisselle de toute la semaine dans l’évier. on rentre chez lui pile pour la messe du 13h de TF1. on a eu de l’information de compétition. on a découvert beaucoup de villages avec des vieux qui ont des vies de merde. qui promènent leur chien. ils ramassent leurs merdes parce que ne pas le faire c’est immorale. ils se disent entre eux que c’est bien, ça sauve la planète et ça évite de s’en mettre plein les chaussures. puis la vue et l’odeur, comprenez, m’sieur le journaliste. ils s’occupent de leur jardin, ils discutent du beau temps avec la boulangère. se retrouvent le midi autour de la table pour, je cite, boire un p’tit coup. on a fini la pizza et on est allé faire regretter les chiottes d’avoir été construit, à tour de rôle. on a trainé, rangé, avec musique en accompagnement. il est allé se doucher pendant deux heures. puis il a fait la vaisselle à l’eau bouillante. c’était à mon tour d’aller me laver de mes péchés. j’me savonne, shampoing, plus d’eau chaude. il avait tout pris, l’enculé. j’ai mis 15 minutes avant de prendre une décision. ça a été super dur, fallait du courage. l’eau était vraiment glacée. j’ai gueulé tout le long. ça a viré ma gueule de bois. on s’est préparé, le pote d’hier nous a rejoint et on est allé en ville. il était 17h. il commençait déjà à faire nuit. c’était férié, et les rues étaient remplies de gens qui n’avaient rien à foutre, comme nous. on s’est posé en terrasse, on a pris un café. on a un peu refait la soirée, et on commentait les salopes qui nous passaient sous les yeux. des vrais mecs, quoi. on était pas sur terre pour beurrer des tartines, ni pour sucer des glaçons. puis il a fait nuit, froid, on est rentré. on a fait des affaires, on a chargé la voiture, mis un bon CD de funk. fin paré, on s’est mis en route pour Cannes. départ vers 19h30. on entre sur l’autoroute, on remarque qu’on a oublié de prendre des bières pour le trajet. on s’arrête sur la première aire. ils vendent pas d’alcool. le caissier nous a tenté les bières sans alcool. on a failli faire un scandale. on est remonté en voiture, et on est reparti sur l’autoroute, on a pris notre mal en patience. avec le son a fond, c’est devenu agréable. le trajet est passé super vite. on est arrivé à Cannes vers 20h30-21h. on est rentré chacun de notre côté pour se remplir le gosier et on s’est rejoint vers 22h30 en ville se boire des bières. c’était vendredi soir, et c’était vide. on est rentré vers 2h30. j’ai pas pu dormir avant 5h du matin. c’est ça d’être alcoolique, tu peux pas t’endormir si tu bois pas.

réveillé à midi, j’ai bouffé, me suis préparé, suis allé voir mes sœurs, et puis le boulot. tout s’est bien passé, j’ai pas fait de connerie. y a une vieille qui voulait des œufs par quatre, j’lui ai montré les seuls qu’on avait. c’était pas ceux qu’elle prenait d’habitude, cette sénile. j’ai dit qu’on a toujours eu que ceux là. non, qu’elle m’a dit. elle devait mieux savoir que moi. elle m’a pas fait confiance et a regardé dans ma livraison. elle m’a montré des œufs par six, et que c’était ceux-là qu’elle voulait. ils sont par six, madame, j’ai répondu. oui, bah c’est ce que je voulais, monsieur, j’avais raison, je sais ce que je dis. j’ai pas pu lui tenir tête, elle avait plus la sienne. demain matin, j’commence à 8h, mon boss m’a demandé de pas arriver bourré. je lui ai souhaité une bonne soirée.